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Vous envisagez de recruter une aide-soignante formée en Roumanie pour l’un de vos services en France ? Nous vous montrons d’abord à quel métier français correspond réellement le titre roumain. Nous détaillons ensuite les démarches qui donnent le droit d’exercer, le choix entre embauche directe et intérim détaché, puis le coût complet à prévoir. Ainsi, vous savez quel profil retenir et dans quel cadre l’employer.
Quel métier de soins entre la Roumanie et la France ?
Avant d’étudier un CV, vous devez identifier le métier que la candidate exerçait vraiment. En Roumanie, les intitulés de poste ne recouvrent pas les mêmes fonctions qu’en France. Une erreur à ce stade fausse toute la suite : la procédure à engager, le poste proposé et le niveau de responsabilité confié.

L’infirmière et l’assistant médical désignent-ils le même métier ?
Non, et la confusion est fréquente. En Roumanie, l’« assistant médical » remplit le rôle de l’infirmier français. Selon un reportage sur les soins roumains, sa formation dure 4 ans et couvre notamment les traitements, la surveillance des patients et les pansements. À l’inverse, l’« infirmière » roumaine assure souvent l’hygiène, les repas et la mobilisation des malades, des tâches proches de celles d’un aide-soignant français.
Cette proximité des tâches n’établit pourtant aucune équivalence de diplôme. En France, infirmier, aide-soignant, auxiliaire de vie et agent de soins sont des titres distincts, chacun avec sa qualification et ses prérogatives. Une infirmière roumaine qui aide aux toilettes n’est donc pas, de ce seul fait, une aide-soignante au sens du droit français.
Quels titres roumains faut-il distinguer ?
Pour identifier une qualification délivrée en Roumanie, examinez quatre éléments : l’intitulé officiel du titre, l’autorité qui l’a délivré, la formation suivie et le droit professionnel qu’elle ouvre dans le pays. Ces quatre points orientent le régime applicable en France.
Le titre d’infirmier relève d’un cadre européen spécifique : la directive 2005/36/CE sur les qualifications professionnelles reconnaît certains titres d’infirmier responsable de soins généraux. La directive (UE) 2024/505 a modifié ce cadre pour les infirmiers formés en Roumanie. Ce régime ne reconnaît pas automatiquement un titre roumain d’aide-soignant.
Certains titres infirmiers roumains, visés par l’arrêté français du 10 juin 2004 modifié le 10 juin 2025, exigent en outre une attestation. Elle doit prouver 3 années consécutives d’exercice effectif et licite au cours des 5 dernières années. Cette condition concerne ces seuls titres infirmiers, et non les aides-soignants.
La formation française et les compétences comparables
Votre point de comparaison reste le diplôme d’État d’aide-soignant (DEAS). Selon le ministère chargé de la Santé, sa formation complète totalise 1 540 heures : 770 heures d’enseignement théorique et 770 heures de formation clinique. Elle comprend 4 périodes de stage, 3 de 5 semaines et 1 de 7 semaines. Classé au niveau 4 du RNCP, le DEAS couvre l’aide aux actes quotidiens, l’observation et la transmission d’informations, sans les prérogatives infirmières.
L’expérience en établissement de soins vous renseigne sur les compétences réelles de la candidate. Elle ne prouve pas, à elle seule, qu’elle détient un titre lui permettant d’exercer comme aide-soignante en France. Vérifiez toujours le titre et l’expérience séparément.
Le diplôme roumain autorise-t-il à exercer comme aide-soignant ?
Pas automatiquement. Le droit d’exercer en France dépend d’un titre français ou d’une autorisation individuelle, accordée après l’examen d’un dossier. Voici ce qui déclenche cette procédure, les pièces à réunir et l’autorité qui tranche.

Quand une autorisation d’exercice est-elle nécessaire ?
Selon France Diplomatie, il n’existe aucune équivalence juridique générale entre un diplôme étranger et un diplôme français. L’article L. 4391-1 du Code de la santé publique réserve l’exercice aux titulaires de trois titres français. Tout autre profil passe par l’autorisation individuelle prévue à l’article L. 4391-2 pour certains ressortissants de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen.
- Diplôme d’État d’aide-soignant : le titre de référence aujourd’hui délivré en France.
- Certificat d’aptitude aux fonctions d’aide-soignant : un titre antérieur, qui permet toujours d’exercer.
- Diplôme professionnel d’aide-soignant : le troisième titre cité par le Code de la santé publique.
Un cas demande une vigilance particulière : une qualification obtenue dans un pays tiers, puis reconnue dans un autre État européen. L’article L. 4391-2 exige alors 3 années d’exercice à temps plein dans cet État, ou une durée équivalente, avant d’envisager cette voie.
Quelles pièces réunir pour le dossier ?
Le dossier permet d’examiner le diplôme original, les matières et leurs volumes horaires, les stages cliniques et les compétences acquises. Il établit aussi le droit d’exercer dans le pays d’origine et l’expérience documentée. Une pièce manquante ralentit l’instruction, alors constituez ce dossier avant même de fixer une date de prise de poste.
Selon la procédure, les pièces suivantes peuvent être demandées. Une traduction ou une apostille ne transforme jamais, à elle seule, le titre roumain en diplôme français.
- Attestation de formation : elle décrit le cursus suivi.
- Preuve du droit d’exercice : elle établit l’habilitation professionnelle en Roumanie.
- Attestations d’employeurs : elles documentent les emplois, leurs durées et les activités réalisées.
- Traductions conformes : elles respectent les exigences de l’autorité française.
L’attestation de comparabilité ENIC-NARIC situe un diplôme étranger dans les niveaux de formation français, mais n’autorise pas l’exercice d’une profession réglementée. France Éducation international précise d’ailleurs que son centre n’est pas compétent pour les diplômes d’État paramédicaux concernés. Nous détaillons ces étapes dans notre guide de reconnaissance du diplôme roumain.
Qui décide, dans quels délais et avec quels recours ?
Selon l’article R. 4391-2 du Code de la santé publique, le préfet de la région d’établissement statue après avis de la commission des aides-soignants, et accuse réception dans le mois. Des différences substantielles peuvent entraîner un stage d’adaptation, une épreuve d’aptitude ou les deux. Le français est contrôlé ensuite, et l’article R. 4391-8 ouvre un recours devant le tribunal administratif sur la langue. Le délai contentieux est généralement de 2 mois.
Quel recrutement pour une soignante roumaine en France ?
Une fois le droit d’exercer établi, reste à choisir le cadre d’emploi. Celui-ci détermine qui emploie la soignante, quelles formalités s’appliquent et comment vous préservez la conformité de votre établissement.
Embauche directe ou intérim détaché ?
Une citoyenne roumaine peut en principe travailler en France sans permis de travail, grâce à la libre circulation européenne. Cette liberté ne la dispense pas des conditions d’exercice d’une profession de santé réglementée. Deux montages s’offrent alors à vous, aux logiques très différentes.
- Embauche directe : votre établissement devient l’employeur et accomplit notamment la déclaration préalable à l’embauche.
- Intérim détaché : l’agence établie en Roumanie reste l’employeur pendant toute la mission.
- Organisation du travail : en détachement, vous dirigez le travail quotidien sans devenir employeur.
- Motif du recours : l’intérim répond à un besoin temporaire et ne pourvoit pas durablement un emploi permanent.
Le détachement statutaire d’un agent hospitalier relève d’un tout autre cadre que l’envoi d’une salariée par une agence étrangère. Nous présentons notre service de soignants roumains en intérim, qui couvre les aides-soignants comme d’autres profils paramédicaux.
Quelles formalités encadrent la mission ?
Le détachement repose sur des formalités précises, à accomplir avant et pendant la mission. Selon l’article L. 1264-3 du Code du travail, certains manquements exposent à une amende atteignant 4 000 € par salarié. Ce plafond passe à 8 000 € en cas de réitération dans les 2 ans. Le total reste limité à 500 000 €.
- Déclaration SIPSI : l’employeur étranger la dépose avant la mission, sauf exception, et désigne un représentant en France si nécessaire.
- Formulaire A1 : il fixe la sécurité sociale applicable, en principe maintenue 24 mois au régime d’origine, sans reconnaître le diplôme.
- Document S1 : il peut servir à la prise en charge des soins lorsque la salariée réside en France.
Les règles françaises de rémunération, de temps de travail, de repos et de sécurité s’appliquent dès le premier jour. Après 12 mois, des conditions de travail supplémentaires s’ajoutent ; une prolongation motivée de 6 mois reste possible selon les textes. La définition du détachement intérimaire et ses droits précisent ce partage des responsabilités.
Comment sélectionner et intégrer les candidates ?
La pénurie de personnel qualifié est réelle. L’enquête Besoins en main-d’œuvre 2026 de France Travail recense 62 100 projets de recrutement d’aides-soignants, dont 56,6 % jugés difficiles, des intentions, non des postes vacants. Basés à Bucarest, nous vérifions en Roumanie diplômes et qualifications, puis vous transmettons des CV traduits sous 48 heures. La mise à disposition intervient généralement en 1 à 3 semaines, parfois moins de 15 jours.
Notre processus de recrutement se poursuit par un entretien à distance qui évalue les compétences et le français. À l’arrivée, un parcours d’intégration avec référent, protocoles et transmissions aide votre hôpital, votre clinique ou votre EHPAD à limiter les ruptures de prise en charge des patients, car la rotation propre à l’intérim peut fragiliser la cohésion des équipes.
Quel salaire et quel coût réel prévoir ?
Le coût d’une soignante détachée ne se résume pas à un salaire brut. Pour décider en connaissance de cause, vous devez réunir les repères de rémunération, les compléments obligatoires et les frais annexes, puis comparer des situations équivalentes.

Quels repères de rémunération utiliser ?
En France, la rémunération d’une aide-soignante varie fortement d’un poste à l’autre. Trois repères vous aident à situer les offres que vous recevez, sans jamais remplacer la vérification de la rémunération effectivement applicable.
- Facteurs de variation : secteur public ou privé, convention applicable, temps de travail, ancienneté et primes liées aux horaires.
- Notre repère indicatif : de 1 600 à 2 000 € brut mensuels pour un soignant roumain en mission de 35 heures, selon sa qualification et son poste, sans montant propre aux aides-soignants.
- Une offre France Travail : un poste de nuit dans les Hauts-de-Seine, à partir de 1 900 € brut mensuels, Ségur en sus, un cas isolé, pas une moyenne.
Ces repères situent les offres du marché, mais seule la convention de votre établissement fixe le minimum dû. Vérifiez-la avant de valider un budget.
Qu’ajouter au salaire de base ?
L’intérimaire détachée perçoit au moins la rémunération applicable en France, majorations comprises. Nuit, dimanche et jours fériés sont majorés selon les dispositions légales et conventionnelles, sans taux uniforme. S’y ajoutent l’indemnité de fin de mission et l’indemnité compensatrice de congés payés, que nous chiffrons à au moins 10 % du brut.
Les frais de transport, de repas et d’hébergement se distinguent du salaire lorsqu’ils doivent être remboursés. Pour nos missions, nous prenons en charge le logement, le transport et une assurance médicale complémentaire, autant de postes que vous n’avez pas à organiser.
Comment comparer le coût complet des solutions ?
Une comparaison honnête porte sur des missions identiques en durée, horaires, tâches et expérience. Elle intègre ensuite rémunération, charges, formalités, déplacements, traductions, intégration et encadrement. Nous estimons qu’un détachement peut réduire le coût global de 20 à 30 % lorsque ses conditions sont réunies, une estimation, pas une économie garantie.
Pour départager deux propositions, rapprochez point par point les éléments ci-dessous. Le détachement temporaire du personnel soignant reste en effet soumis à la rémunération applicable en France.
| Élément à comparer | Ce que vous vérifiez |
| Salaire brut | Repère de 1 600 à 2 000 € pour 35 heures, minimum conventionnel à confirmer |
| Heures contractuelles | Durée et horaires identiques entre les offres |
| Primes et majorations | Nuit, dimanche, jours fériés selon la convention |
| Indemnités de fin de mission | Au moins 10 % du brut selon notre présentation |
| Frais pris en charge | Logement, transport, assurance complémentaire |
| Titre professionnel | Droit d’exercer requis pour le poste |
Le dernier critère prime sur tous les autres : une offre moins chère pour une candidate sans titre requis ne vaut rien. Votre comparaison commence donc par la qualification.
Foire aux questions
Un diplôme roumain de soins est-il reconnu en France ?
Il peut l’être, à condition d’être d’abord reconnu par l’État roumain. Un dossier incomplet ou traduit par un prestataire non habilité peut être refusé. Certains dossiers d’aide-soignant exigent d’ailleurs une traduction par un traducteur assermenté.
Les Roumains peuvent-ils travailler librement en France ?
Oui : depuis le 1er janvier 2014, un ressortissant roumain travaille en France sans visa, sans autorisation de travail et sans titre de séjour obligatoire. Cela ne le dispense pas de la reconnaissance exigée pour une profession réglementée. Un titre de séjour roumain détenu sans la nationalité n’ouvre pas automatiquement ce droit, et un diplôme de pays tiers garde ses règles propres.
Existe-t-il une équivalence du diplôme d’aide-soignante en France ?
Pas automatiquement. Les dispenses et équivalences dépendent des situations prévues par les textes, et une procédure régionale d’équivalence du DEAS ne doit pas être présumée ouverte à tous les diplômés roumains. Si le métier n’est pas réglementé dans le pays d’obtention, la voie européenne peut exiger un titre de préparation au métier et une expérience suffisante.
Quels documents conserver pendant et après le détachement d’une soignante roumaine ?
Le contrat de travail, les justificatifs de salaire et les relevés du temps de travail restent disponibles pendant la mission, avec une traduction en roumain. Après la mission, ils sont fournis sur demande sous 20 jours ouvrables au plus. Toute modification de la déclaration se signale sous 5 jours, et les périodes de deux détachées successives sur un même poste se cumulent.
