Carte interactive montrant une femme consultant une carte des métiers en tension par région.

Liste des métiers en tension pour étrangers et recrutement

Sommaire

Vous recrutez sur un poste difficile à pourvoir et vous voulez savoir si la liste des métiers en tension pour étrangers vous concerne ? Nous vous montrons comment consulter cette liste officielle par métier et par région, quelles démarches et quels coûts prévoir pour embaucher, et à quelles conditions un salarié déjà présent en France peut obtenir sa régularisation. Nous illustrons le tout avec des exemples tirés de la construction, de l’agriculture, de l’industrie et de la logistique.

Quelle est la liste officielle des métiers en tension ?

Ce n’est pas une liste unique valable partout. Il s’agit d’un arrêté qui recense, région par région, les familles professionnelles où les difficultés de recrutement sont réelles. Avant d’engager la moindre démarche, vous devez donc connaître le texte en vigueur et la rubrique qui correspond à votre territoire.

Carte interactive montrant une femme consultant une carte des métiers en tension par région.

Le texte applicable et ses mises à jour

En métropole, la liste officielle des métiers en tension retenue en 2026 reste celle de l’arrêté du 21 mai 2025 (publié au Journal officiel le 22 mai, entré en vigueur le 23 mai 2025). Ce texte remplace l’arrêté du 1er avril 2021, qu’il abroge. Quatre points doivent guider votre lecture :

  • Une actualisation annuelle prévue : l’article L. 414-13 du CESEDA impose une liste actualisée au moins une fois par an. Cette obligation ne prouve pas pour autant qu’une nouvelle version métropolitaine ait été publiée en 2026.
  • Une vérification au moment du dépôt : c’est la version en vigueur le jour où vous déposez le dossier qui compte.
  • Des listes propres à l’outre-mer : la Guadeloupe, la Guyane, La Réunion et la Martinique ont leurs propres arrêtés du 9 juin 2026. La liste métropolitaine ne s’y applique pas automatiquement.
  • Le mythe des « 80 métiers » : ce chiffre ne correspond à aucune liste officielle. Le total varie selon le territoire et selon qu’on compte les familles professionnelles ou les métiers détaillés.

Le bon réflexe est simple : lisez directement le texte de l’arrêté du 21 mai 2025, à la rubrique de votre région, plutôt que de vous fier à des listes reprises ici et là.

Des exemples en Auvergne-Rhône-Alpes, Île-de-France et Grand Est

D’une région à l’autre, la liste des métiers change nettement :

  • Auvergne-Rhône-Alpes : 37 familles professionnelles d’après une présentation régionale de la liste 2025, dont les agents d’entretien de locaux, les agriculteurs salariés, les aides à domicile et les charpentiers métalliques.
  • Île-de-France : aides-soignants, infirmiers, couvreurs, chefs de chantier, ingénieurs du BTP et responsables logistiques non cadres.
  • Grand Est : aides-soignants, infirmiers, conducteurs et livreurs sur courte distance, électriciens du bâtiment, maçons et soudeurs.
  • Seine-Saint-Denis : pour un poste à Bobigny, par exemple, c’est la rubrique Île-de-France qui s’applique. La préfecture n’a pas de liste à elle.

Vous l’aurez noté : les ingénieurs du BTP sont listés en Île-de-France, mais pas dans le Grand Est d’après cet extrait. Un même poste peut donc être en tension dans une région et pas dans la voisine.

Les secteurs représentés selon les régions

Selon les régions, la liste comprend des métiers agricoles salariés (maraîchers, horticulteurs, viticulteurs, arboriculteurs) et des métiers de la construction : maçons, couvreurs, charpentiers, ouvriers du gros œuvre ou du second œuvre. Ce sont justement des secteurs dans lesquels nous recrutons des profils roumains.

On trouve aussi, selon les rubriques, des métiers des soins, de l’aide à domicile, de la logistique, du transport, de l’industrie et de l’hôtellerie-restauration. Pour établir la liste, l’administration retient deux critères : les difficultés de recrutement dans le métier et une part de travailleurs étrangers non communautaires nettement supérieure à la moyenne nationale.

Comment vérifier un métier et sa zone géographique ?

Un poste n’est pas en tension parce que votre secteur peine à recruter. Il doit correspondre précisément à une famille professionnelle inscrite, dans la région où le travail sera effectué. La vérification croise donc deux éléments : le métier et la zone géographique.

Balance affichant d’un côté une fiche avec des cases à cocher et de l’autre côté une liste de profils, sur un paysage

Identifier la famille professionnelle du poste

Partez des tâches réellement confiées, du niveau de qualification et de la spécialité du poste, et non de son intitulé interne. Recherchez ensuite la famille professionnelle dans l’annexe I de l’arrêté, qui classe les métiers région par région.

L’annexe II fait le lien entre les familles professionnelles (nomenclature FAP-2009) et les codes ROME-V3, le répertoire des métiers utilisé par France Travail. Attention : un code approximatif ne suffit pas à prouver que le poste figure sur la liste, et appartenir à un secteur en pénurie non plus.

Contrôler le lieu réel de travail

Vérifiez la région où le salarié travaillera, qui n’est pas forcément celle de votre siège social.

Cherchez ensuite l’intitulé exact dans la rubrique de la région concernée. Les libellés officiels sont précis : « Maraîchers, horticulteurs salariés », « Viticulteurs, arboriculteurs salariés », « Aides à domicile et aides ménagères » ou encore « ouvriers qualifiés du magasinage et de la manutention ». Une formulation proche ne suffit pas.

Écarter les correspondances trop générales

Les termes « bâtiment » ou « ouvriers non qualifiés » sont trop larges pour trancher. L’annexe distingue le gros œuvre, le second œuvre, la peinture et la finition, la couverture et l’électricité. Une attestation d’employeur qui indique seulement « bâtiment » ou « agriculture » ne prouve donc pas que les missions correspondent à une famille inscrite.

Ne confondez pas non plus la liste juridique avec les enquêtes de France Travail sur les métiers difficiles à pourvoir : seule la liste officielle sert pour l’autorisation de travail et la régularisation. Gardez dans le dossier une copie datée de la liste consultée, pour pouvoir prouver quelle version vous avez vérifiée.

Quelles démarches et quels coûts pour recruter ?

Un poste inscrit sur la liste simplifie le recrutement, mais ne supprime ni les contrôles ni les coûts. Pour un ressortissant hors Union européenne, vous devez vérifier son droit de travailler, payer le cas échéant une taxe, et vous vous exposez à des sanctions lourdes en cas d’erreur. Un citoyen roumain relève, lui, de règles très différentes.

Trois icônes liées par des points indiquant un dossier, un fichier avec un badge et un chantier de construction.

Vérifier le droit de travailler et demander l’autorisation

Quand le poste et la zone sont inscrits, la situation de l’emploi ne peut pas vous être opposée. Sinon, vous devez publier une offre pendant 3 semaines consécutives dans les 6 mois précédant la demande, sans recevoir de candidature valable. Vérifiez d’abord ce que permet le titre du candidat, puis déposez si besoin la demande d’autorisation de travail avec les justificatifs du poste, du contrat et du candidat. Selon Service-Public, plus de 2 mois de silence de l’administration valent refus. Un candidat à l’étranger doit en plus obtenir son visa.

Prévoir la taxe employeur et les sanctions

Pour certaines premières admissions au séjour, l’article L. 436-10 du CESEDA prévoit une taxe à la charge de l’employeur. Son montant dépend de la durée du contrat et du salaire, selon le barème de la taxe due par l’employeur :

Contrat Montant de la taxe
Plus de 3 mois et moins de 12 mois, salaire jusqu’au SMIC 74 €
Plus de 3 mois et moins de 12 mois, salaire entre le SMIC et 1,5 SMIC 210 €
Plus de 3 mois et moins de 12 mois, salaire au-delà de 1,5 SMIC 300 €
12 mois ou plus 55 % du salaire mensuel brut, plafonné à 2,5 SMIC
Emploi saisonnier 50 € par mois d’activité, tout mois commencé étant dû

La fiche officielle retient un SMIC mensuel brut de 1 867,02 € et un plafond de 2,5 SMIC fixé à 4 667,54 €. Ces montants évoluent : revérifiez-les à la date du premier jour de travail. La taxe est due à la fin du mois où le salarié commence à travailler en France. Employer un étranger sans autorisation de travail expose, selon l’article L. 8256-2 du Code du travail, à 5 ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende, appliquée pour chaque salarié concerné.

Distinguer l’embauche directe du détachement roumain

Un citoyen roumain bénéficie de la libre circulation des travailleurs dans l’Union européenne. Il n’a en principe besoin ni d’autorisation de travail ni d’un métier inscrit sur la liste, mais les formalités d’embauche habituelles et les qualifications exigées pour le poste s’appliquent toujours. Pour nos missions, nous définissons avec l’entreprise d’accueil les compétences et l’expérience attendues, puis nous présélectionnons des candidats en Roumanie selon leurs qualifications, leur expérience et leur niveau de langue. Cap-interim décrit son processus de sélection des travailleurs détachés, qui peut inclure des tests techniques, une vérification des documents et un suivi pendant la mission.

En cas de détachement, le salarié reste employé par son entreprise roumaine. Celle-ci doit normalement déclarer le détachement à l’avance sur SIPSI, le téléservice officiel. Le certificat A1 indique de quel régime de sécurité sociale relève le salarié, lorsque les conditions sont remplies. En France, le salarié a droit au socle minimum français, notamment en matière de salaire et de conditions de travail. Au-delà de 12 mois, des règles supplémentaires s’appliquent, un délai que l’on peut porter à 18 mois en déclarant une dérogation. Ce cadre juridique des travailleurs détachés roumains sécurise votre recours à cette main-d’œuvre.

Comment demander une régularisation par le travail ?

Vous employez déjà dans un métier en tension un salarié non européen sans titre de séjour ? Il existe une voie de régularisation exceptionnelle, avec des conditions strictes et un résultat qui n’est jamais garanti. Mieux vaut connaître ses règles avant de vous engager à ses côtés.

Les conditions d’éligibilité du salarié

L’article L. 435-4 du CESEDA permet, jusqu’au 31 décembre 2026, une admission exceptionnelle au séjour pour certains travailleurs étrangers en situation irrégulière. Ils doivent travailler dans un métier et une zone inscrits sur la liste.

Ce dispositif est temporaire et la décision appartient à l’administration. Le salarié doit remplir toutes les conditions suivantes :

  • Résidence : au moins 3 ans de résidence en France, sans interruption.
  • Activité : au moins 12 mois de travail salarié, consécutifs ou non, au cours des 24 derniers mois, dans des métiers et zones géographiques en tension.
  • Emploi actuel : occuper, au moment de la demande, un poste inscrit sur la liste applicable.
  • Contrat : un CDI n’est pas exigé à lui seul pour déposer le dossier.

Le préfet tient aussi compte de l’intégration du salarié, de sa situation personnelle et du respect de l’ordre public. La délivrance du titre n’a donc rien d’automatique.

Le dépôt du dossier et le titre envisageable

C’est le salarié lui-même qui dépose la demande, à la préfecture de son lieu de résidence. L’accord de l’employeur n’est pas exigé en règle générale. Le dossier doit contenir :

  • L’identité et la résidence : les justificatifs qui prouvent les 3 ans de présence.
  • L’activité dans le métier et la zone : contrats, bulletins de salaire et certificats de travail, y compris s’il y a eu plusieurs employeurs successifs.
  • L’intégration : les éléments qui montrent l’insertion du salarié en France.

Un titre de séjour fondé sur un métier inscrit sur la liste en tension peut prendre la forme d’une carte de séjour temporaire d’1 an, avec la mention « salarié » ou « travailleur temporaire ».

Attention : le dépôt du dossier, un rendez-vous ou un récépissé n’autorisent pas automatiquement le salarié à occuper n’importe quel poste. Vérifiez précisément ce que permet le document avant de modifier ses missions.

Le refus et les voies de recours

Si la préfecture ne répond pas pendant 4 mois, la demande est en principe considérée comme refusée. Le demandeur peut alors former un recours gracieux (auprès de la préfecture), hiérarchique (auprès du ministre) ou contentieux (devant le tribunal).

Si le refus est assorti d’une obligation de quitter le territoire français, le délai pour contester peut être de 48 heures, 7 jours ou 1 mois selon les cas. Il faut donc réagir immédiatement.

Foire aux questions

Que faire si l’emploi ne figure pas sur la liste des métiers en tension ?

Le salarié ne peut pas utiliser la régularisation réservée aux métiers en tension. En revanche, vous pouvez toujours demander une autorisation de travail selon la procédure classique, dite de droit commun.

Un métier en tension dispense-t-il des diplômes exigés pour un emploi réglementé ?

Non. Un emploi réglementé peut exiger un diplôme, une qualification reconnue, une autorisation ou une inscription à un ordre professionnel. L’inscription du métier sur la liste ne supprime aucune de ces exigences.

Que doit vérifier l’entreprise française avant le début d’un détachement depuis la Roumanie ?

Si vous signez directement avec un prestataire roumain, demandez-lui avant le début de la mission l’accusé de réception de sa déclaration préalable. S’il ne vous le fournit pas, vous devez faire vous-même une déclaration de remplacement dans les 48 heures suivant le début du détachement, lorsque cette obligation s’applique.

Quelles sanctions en cas de manquement aux déclarations de détachement ?

Selon l’article L. 1264-3 du Code du travail, l’amende administrative peut atteindre 4 000 € par salarié. Elle monte à 8 000 € en cas de récidive dans les deux ans, dans la limite totale de 500 000 €.

Un salarié non européen détaché par une entreprise roumaine a-t-il les mêmes droits qu’un citoyen roumain ?

Pas automatiquement. Le titre ou l’autorisation de travail qu’il détient en Roumanie ne lui donne pas les mêmes droits qu’un citoyen roumain. Il faut examiner sa situation personnelle et les règles du détachement avant toute mission en France.

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