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Vous devez renforcer vos équipes et envisagez une agence d’intérim franco-roumaine ? Le recrutement de travailleurs roumains en France vous impose quatre arbitrages : quel montage choisir, quelles obligations de détachement respecter, quel coût prévoir et quels métiers cibler. De quoi prendre une décision conforme au droit et rentable pour votre entreprise.
Choisir son agence d’intérim franco-roumaine
Choisir un partenaire, c’est d’abord choisir un cadre juridique. Avant de signer quoi que ce soit, vous devez comprendre ce que fait l’agence, en quoi le détachement se distingue de l’intérim français et ce que permet déjà la libre circulation européenne. Ces trois points déterminent vos obligations, et donc vos risques.

Le rôle de l’agence
Une agence établie en Roumanie recrute, sélectionne puis met temporairement ses salariés à disposition d’entreprises françaises utilisatrices, dans le cadre du travail temporaire international. Cap-interim, agence d’intérim franco-roumaine basée à Bucarest, se consacre au recrutement et au détachement légal de travailleurs roumains qualifiés. Une précision s’impose toutefois : c’est à vous de définir le métier, l’autonomie, les habilitations et le niveau de langue attendus.
Intérim français ou détachement
Ces deux régimes sont distincts. Dans le détachement, le salarié reste lié par son contrat à son employeur établi en Roumanie. L’intérim français repose, lui, sur un contrat de mission et un contrat de mise à disposition conclus par une entreprise de travail temporaire (ETT). Une ETT roumaine peut détacher un salarié chez vous, à condition que son contrat avec elle subsiste pendant toute la mission (article L.1262-2 du Code du travail).
Ce qui compte, c’est la réalité du terrain, pas l’intitulé. Si le salarié travaille sous votre pouvoir de direction, l’opération relève du travail temporaire : une facture présentée comme une prestation de services n’y change rien. Mieux vaut donc qualifier correctement le montage dès le départ.
Recruter des Roumains en France
Citoyen de l’Union européenne, un ressortissant roumain travaille en France sans autorisation de travail ni visa de long séjour. Cette facilité ne vaut pas automatiquement pour un non-Européen qui réside simplement en Roumanie : c’est la nationalité qui compte, pas la résidence. Si vous embauchez directement, vous signez un contrat de droit français et effectuez une déclaration préalable à l’embauche auprès de l’Urssaf, au plus tôt 8 jours avant la prise de fonction.
Il existe aussi le dispositif EURES, porté en France par France Travail et ses partenaires. Il vous permet de publier des offres et de rechercher des candidats européens. C’est une voie distincte de la mise à disposition par une agence intérim : vous restez alors l’employeur, avec toutes les obligations qui en découlent.
Obligations du détachement des travailleurs roumains
Le détachement de travailleurs roumains est encadré par des formalités précises : une déclaration, un certificat social, une garantie financière. Chacune protège le salarié, et chacune vous engage aussi en tant qu’entreprise utilisatrice. Savez-vous ce que vous devez vérifier avant le premier jour de mission ?

Déclaration SIPSI et représentant
Avant le début de la prestation, l’employeur étranger transmet une déclaration préalable de détachement sur le téléservice SIPSI. Quand une agence d’intérim met un travailleur étranger à votre disposition, cette démarche revient à l’ETT roumaine, qui est son employeur. La déclaration renseigne notamment :
- Les parties : l’employeur, le salarié et l’entreprise utilisatrice.
- La mission : les lieux, les dates, l’activité et l’hébergement éventuel.
- Le cadre social : la protection sociale et les données propres au travail temporaire.
L’employeur y désigne aussi un représentant en France, qui dialogue avec les agents de contrôle et présente les documents exigibles. De votre côté, vous vérifiez la déclaration. Vous n’avez pas reçu de copie ? Vous devez alors transmettre une déclaration subsidiaire dans les 48 heures suivant le début du détachement.
A1 et règles sociales applicables
Délivré par l’institution compétente roumaine, le document portable A1 indique quelle législation de sécurité sociale s’applique. Il maintient l’affiliation au régime roumain si trois conditions sont réunies : l’employeur exerce une activité réelle et significative en Roumanie, il conserve le lien de subordination, et il envoie le salarié en France de façon temporaire. Attention : l’A1 ne règle pas l’imposition du salaire, qui dépend de la résidence fiscale, du lieu de travail et de la convention franco-roumaine.
La durée compte aussi. Dans l’UE, le détachement social de plein droit est limité à 24 mois. Dès 12 mois de présence effective (18 mois avec une notification justifiée), les conditions de travail françaises applicables s’élargissent fortement. Pour aller au-delà de 24 mois, il faut obtenir une dérogation au titre de l’article 16, avec l’accord des autorités compétentes. Notre guide sur le détachement des travailleurs roumains détaille ces échéances.
Garanties et risques de manquement
Une ETT étrangère qui intervient en France doit disposer d’une garantie financière couvrant les salaires, les indemnités et les cotisations. Depuis le 1er janvier 2026, son minimum légal s’élève à 151 445 €. Dans le BTP, la carte BTP est obligatoire pour les travailleurs détachés. Depuis le 1er avril 2024, elle est valable 5 ans, et c’est à l’ETT étrangère d’en faire la demande pour ses intérimaires.
Oublier la déclaration préalable coûte cher : jusqu’à 4 000 € d’amende par salarié, et 8 000 € en cas de récidive dans les 2 ans. Le total ne peut pas dépasser 500 000 €. Une mise à disposition irrégulière peut en outre être requalifiée. Et si la garantie de l’ETT ne suffit pas, c’est vous qui pouvez devoir payer certaines sommes restant dues.
Coût et rémunération en intérim
Le coût d’un travailleur détaché roumain ne se résume pas à un taux horaire. Il dépend de la rémunération due au poste, des indemnités prévues par le droit français et des frais de mission.

Égalité de salaire au poste
Un intérimaire détaché touche au minimum la rémunération d’un salarié de votre entreprise ayant la même qualification et le même poste, éléments obligatoires français et conventionnels compris. Depuis le 1er juin 2026, le SMIC en métropole s’élève à 12,31 € brut de l’heure. Cela représente 1 867,02 € brut par mois pour 35 heures, mais le minimum conventionnel du poste peut être plus élevé.
Le salaire minimum roumain, lui, ne sert pas de référence. Il est fixé à 4 325 lei brut par mois depuis le 1er juillet 2026, pour 166,667 heures. Cela donne 25,949 lei brut de l’heure, mais un travail effectué en France se paie au niveau français.
Indemnités et temps de travail
En fin de mission d’intérim, deux indemnités s’ajoutent au salaire. Elles sont calculées à partir de la rémunération totale brute de la mission.
Le temps de travail, lui aussi, obéit aux plafonds français, qui s’appliquent pleinement pendant tout le détachement.
- Congés payés : une indemnité compensatrice d’au moins 1/10 de la rémunération brute (article L.1251-19 du Code du travail).
- Fin de mission : en principe 10 % de la rémunération brute, sauf exceptions prévues par le Code et les accords.
- Durée maximale : 10 heures par jour sauf dérogation, 48 heures sur une semaine, 44 heures en moyenne sur 12 semaines consécutives.
Tenez compte de ces plafonds lorsque vous planifiez les heures supplémentaires, car ils limitent la capacité de chaque équipe.
Évaluer le coût complet
Le coût total additionne le salaire de référence français, les cotisations selon le montage, le coefficient de facturation de l’agence (charges, marge et gestion), les indemnités, les majorations éventuelles, le transport, le logement et l’administratif. Chez Cap-interim, un intérimaire roumain qualifié coûte généralement entre 3 000 € et 4 500 € par mois, charges et frais compris. Retrouvez le détail par secteur dans notre guide du coût d’un intérimaire roumain.
La durée fait baisser la facture, car les frais d’installation sont amortis sur plus de mois. Selon notre estimation interne, une mission d’un mois revient à environ 2 970 € par mois, contre 2 540 € par mois sur 12 mois. Sur 12 mois, l’économie par rapport à l’intérim français peut atteindre 28 %.
| Repère | Montant indicatif |
| Intérimaire roumain qualifié, coût mensuel global | 3 000 € à 4 500 € |
| Tarif journalier dans le BTP | 150 € à 200 € |
| Logement et transport, par jour | 20 € à 30 € |
| Détachement d’un mois, coût mensuel | 2 970 € |
| Détachement de 12 mois, coût mensuel | 2 540 € (jusqu’à 28 % d’économie) |
Secteurs et parcours des candidats
Les travailleurs roumains en France répondent à des besoins concrets, de l’atelier au chantier. Pour qu’une mission réussisse, trois étapes comptent : bien cibler le métier, vérifier sérieusement les compétences et préparer l’arrivée sur site.

Métiers et secteurs couverts
Le BTP concentre une large part des besoins : maçons, électriciens, charpentiers, plombiers, couvreurs, peintres, plaquistes, conducteurs d’engins et soudeurs. Les demandes concernent aussi la logistique, le transport, l’agriculture, l’agroalimentaire, la distribution et certains personnels soignants.
L’industrie recherche des profils techniques précis, répartis en trois familles :
- Production : opérateurs de production et opérateurs d’usinage.
- Maintenance et automatisme : techniciens de maintenance, électriciens industriels et automaticiens.
- Métiers du métal : programmeurs CNC, soudeurs, tuyauteurs et mécaniciens.
Ces postes demandent des vérifications adaptées : lecture de plans, français technique, habilitations et règles de sécurité propres au site. C’est la démarche que nous suivons pour le recrutement de soudeurs roumains qualifiés.
Sélection des profils qualifiés
Une agence de recrutement en Roumanie commence par analyser votre besoin. Elle sélectionne ensuite chaque candidat selon la qualification, l’expérience, l’autonomie, la langue et les certifications exigées par le poste.
Pour valider les compétences des détachés roumains, elle croise plusieurs éléments : certificats professionnels, références, expérience de chantier ou d’atelier, et test technique en vidéo ou en situation réelle. Une fois cette sélection faite, Cap-interim vous transmet les CV en français. Le processus de sélection des travailleurs détachés suit ces étapes dans l’ordre.
Pour un soudeur, la qualification ISO 9606-1 sert de référence internationale : elle atteste son aptitude selon le matériau et le procédé. Elle doit être confirmée tous les 6 mois et revalidée selon des modalités de 2 ou 3 ans.
Arrivée et suivi de mission
Avant le départ, on vérifie les pièces d’identité, les diplômes, les certifications, l’expérience et les documents sociaux. Selon le secteur, il faut parfois traduire ou certifier des documents de sécurité. Sur place, vous organisez l’accueil sécurité avant la prise de poste. L’intégration prévoit aussi la bonne compréhension des consignes, le transport, l’hébergement si besoin et un interlocuteur bilingue.
Une équipe de saisonniers peut être opérationnelle environ 10 jours après votre demande. Pendant la mission, un suivi régulier, vos retours et une évaluation finale permettent d’ajuster le placement et d’anticiper les remplacements.
Foire aux questions
Un travailleur roumain doit-il demander un titre de séjour pour travailler en France ?
Non. Un ressortissant roumain entre et travaille en France sans visa de long séjour, et le titre de séjour n’est pas obligatoire. Il peut toutefois en demander un après trois mois de séjour.
Un intérimaire roumain détaché paie-t-il des impôts en France ?
Pas forcément. Selon la DGFiP, le salaire d’un résident roumain détaché en France n’y est pas imposable, sous conditions, si la mission ne dépasse pas 18 mois sur 3 ans et si aucune structure établie sur le territoire ne verse ni ne supporte ce salaire. S’il est imposable, l’employeur étranger sans établissement stable dépend du Service des impôts des entreprises étrangères (SIEE) de la DINR pour le prélèvement à la source.
Comment vérifier la garantie financière d’une agence d’intérim roumaine ?
Avant la mission, demandez l’identité du garant (banque, assurance, société de caution mutuelle ou organisme habilité), la preuve de la garantie, sa période de validité, le montant garanti, ce qu’elle couvre et l’attestation sociale de l’ETT. Une ETT étrangère sans garantie financière risque une amende de 3 750 €, et davantage en cas de récidive.
Combien coûte la carte BTP d’un intérimaire roumain détaché ?
Selon CIBTP France, la redevance est de 9,80 € par carte. Ce montant a été abaissé en 2020 et reste le même pour la période 2025-2026.
Quels signes doivent alerter sur un faux détachement ?
Méfiez-vous d’un employeur sans activité réelle en Roumanie, d’un salarié recruté uniquement pour la mission en France ou d’un écart entre l’activité déclarée et le travail réellement effectué. D’autres signaux doivent vous alerter : pas de véritable lien employeur-salarié, une durée incompatible ou des détachements enchaînés artificiellement. Enfin, des tarifs anormalement bas cachent souvent un montage fragile, qui vous expose à une responsabilité solidaire et à un redressement.
